Les étapes clefs du séchage : CHANVRE CBD


Article - MaI 2024

Le séchage des fleurs

Le séchage des fleurs est une étape cruciale pour en tirer le meilleur parti. 

Si cette phase est négligée, la récolte peut être gravement endommagée, voire totalement perdue. Il s’agit du moment le plus critique de toute la production, car des conditions inadéquates d’humidité et de température peuvent entraîner la pourriture complète de la récolte. Un séchage trop rapide ou trop intense ne permettra pas à la chlorophylle de se dégrader correctement, affectant ainsi la qualité gustative des fleurs en leur donnant un goût amer.

En général, une température élevée assèchera l’atmosphère du séchoir, accélérant le processus de séchage des fleurs. À l’inverse, une température basse augmentera l’humidité de l’air, retardant le séchage. De plus, plus l’humidité relative de l’air est élevée, plus le séchage des fleurs sera lent, et inversement. Il est donc crucial d’établir un équilibre entre la température et l’humidité relative du séchoir pour un séchage optimal.

Idéalement, le séchage doit se dérouler lentement sur une période de 2 à 3 semaines, dans des conditions contrôlées de température et d’humidité. Les cinq premiers jours sont critiques car les fleurs sont très humides à ce stade, ce qui peut favoriser le développement de maladies opportunistes. Ainsi, un contrôle strict de ces premiers jours est essentiel pour éviter d’éventuelles complications.

Au fur et à mesure que les fleurs deviennent « croustillantes », il faut ajuster les conditions de séchage en modulant la température et l’humidité pour éviter un séchage trop rapide. Enfin, lorsque les fleurs atteignent ce stade, il convient de ralentir le processus de séchage en réduisant la température et en augmentant légèrement l’humidité relative.

Pour cela, il faut abaisser la température à 20°C – 22°C et augmenter l’humidité relative du sechoir à 58% – 60% 

Lorsque vient le moment de vérifier si les plantes ou les fleurs sont assez sèches, des méthodes simples comme la cassure des branches sont souvent utilisées. La flexibilité ou la cassure des tiges donnent un indice sur le degré d’humidité restant, indiquant ainsi si le processus de séchage est terminé.

Dans le cas des fleurs déjà effeuillées, le toucher et l’observation de l’avancement du séchage peuvent fournir des indications sur leur état. En cas de doute, il est recommandé de se référer à des fleurs séchées de qualité similaire pour établir un standard de comparaison.

Le choix de la méthode de séchage

Le séchoir est la ≪ pierre angulaire ≫ de la production. 

Il se doit d’être optimal afin d’assurer des qualités organoleptiques parfaites au produit final !!

Les deux méthodes de séchages les plus utilisés sont le « séchage à la pente » 

c’est-à-dire des branches ou sections de branches pendues, et le séchage « à plat » sur claies de séchage.

Le choix de l’une ou de l’autre méthode dépend principalement de 3 critères :

  • L’espace de séchage dont vous disposez
  • Le choix de la méthode d’effeuillage (frais ou sec)
  • Le temps dont vous disposez pour les opérations post récolte

Peu importe la méthode choisie, le processus de séchage demeure identique. Il consiste à ajuster les paramètres hygrométriques et de température de l’espace de séchage pour contrôler activement et réduire le taux d’humidité dans les inflorescences.

La règle d’or pour réussir le séchage est que le taux d’humidité ne remonte jamais. Cela signifie maintenir un taux d’humidité uniquement décroissant dans les fleurs et les empêcher de se réhydrater.

Pour se faire une « gestion climatique » doit être mise en place. Elle peut être manuelle ou automatique (ex MB AIR AIR GAIA)

L’installation d’extracteur, de déshumidificateur, ainsi que d’un moyen de conditionnement de l’air (climatiseur reversible) sont nécessaires à la bonne gestion climatique du séchoir.

Les installations dans le séchoir doivent permettre de maintenir une température et une hygrométrie constante et homogène ne dépassant pas 25°C et un taux d’hygrométrie relative de 60%.

Il est aussi nécéssaire d’homogéneiser le flux d’air dans le séchoir afin de ne pas avoir de « Zones tampons » ou l’hygrométrie est très élévée. Pour ce faire le recours à des ventilateur/brasseur d’air est primordial. Ceux-ci ne doivent jamais être dirigés vers les fleurs, mais accomplir un brassage. 

L’installation de sonde à différents endroits du séchoir permet le contrôle de ces données.

Le séchage doit s’opérer en deux « phases »

L’installation de sonde à différentes endroits du séchoir permet le contrôle de ces données

La première :  elle dure 5 jours, la matière étant très humide il faut alors extraire un maximum d’hygrométrie, tout en préservant les qualités organoleptiques des fleurs.  

La seconde:  que l’on pourrait  appeler « stabilisation » dure quant à elle 10 à 15 jours.

Voici un tableau résumant les conditions optimales de séchage, ainsi que les préconisations concernant les différents dispositifs :